Pourquoi faut-il investir dans l’exploration de l’espace ?

Je pense que pour les raisons suivants l’effort d’investissement dans la conquête de l’espace devrait être augmenté :

 

– profit empathique, social pour la société européenne

 

C’est la sensation des individus et sociétés d’être en équilibre avec leur environnement: par exemple les tribus, certaines sociétés de tradition, les fermiers sont heureux malgré les conditions d’environnement, la dureté de vie. Leur sensation de bonheur est à mettre en comparaison avec les yuppies qui vivent vite, travaillent trop pour vraiment vivre, et ils ont de l’argent mais pas le temps pour le dépenser.

 

Dans ce contexte les réussites en termes de découverte spatiale peuvent être utilisées pour affirmer la vie de la population grâce à la communication : montrer qu’on innove, qu’on découvre, et qu’on avance la civilisation. Il faut donner une raison de fierté, de la satisfaction que quelque chose de nouveau est construite, donner une raison pour l’existence, un but. Ceci ne peut absolument pas être fait avec un secteur financier ou des services très virtuels uniquement …les européens n’ont que très peu des raisons d’être fiers de leurs réalisations en tant que l’Europe. Il faut aller en avant et entreprendre des nouveaux défis.

 

– montrer le rayonnement et la puissance européenne aux autres pays autour

 

Le spatial est une bonne manière de montrer la maîtrise technologique d’Europe.

 

Les voisins proches telles que Algérie, Turquie, des pays de Caucase, ou d’autres pays liées culturellement ou par histoire avec des pays européens qui se font pénétrer par le capital et influence étrangères (chinoises, américaines, etc.) doivent voir que Europe a la force et les faire se rassembler autour d’elle. Europe forte de son expérience historique peut essayer d’éviter de faire des mêmes erreurs que dans le passé, comme le piège de colonialisme. La coopération avec des voisins proches peut se développer sur la base de symbiose. L’Europe doit rester acteur incontournable de la politique mondiale : aucune décision importante ne devrait être prise sans consentement d’Europe. Aujourd’hui de plus en plus des décisions sont prises à Washington ou Pékin. Le spatial est une des manières pour montrer l’importance d’Europe à la fois aux amis et aux concurrents.

 

– décharger le spatial européen institutionnel de sa rôle commerciale

 

L’exploitation des lanceurs pour les besoins commerciaux ne devrait pas être la première motivation du spatial européen. Sa fonction est uniquement d’assurer la cadence de production et des lancements nécessaires pour maintenir la compétence ELV. La priorité devrait être l’exploration et développement des technologies du futur.

 

Il faut laisser les jeux comme tourisme spatial aux entreprises privées et se focaliser sur les sujets stratégiques.

 

– se rendre indépendant des puissances étrangères

 

En termes de services pour la terre il faut se doter et maintenir des moyens comparables aux autres puissances (GPS, observation des débris spatiaux, satellites militaires dans un système européen de la défense). Ceci est déjà plus ou moins fait (pour GPS il s’agit de redresser la situation lamentable de Galileo), au niveau de la défense tout est à construire au niveau européen.

 

– affirmer le profit futur en termes de la zone d’intérêt

 

En termes de secteur spatial ceci peut se manifester par exemple par la présence sur la Lune et la démonstration aux autres (USA, Chine, Inde…) la capacité d’y aller pour préserver la souveraineté de facto sur place. C’est un peu le même mécanisme que pour Arctique « prisé en possession » par les pays limitrophes (Russie, Canada, Norvège).

 

Bien que la Lune en théorie et selon la loi internationale actuelle n’appartienne à personne, il est clair que lorsque les moyens techniques le permettront les premiers à s’emparer des régions le plus riches en termes de ressources y resteront de facto et dessineront les cartes politiques. Il faut que l’Europe soit dans l’avant-garde, il faut que l’Europe investisse dans la recherche, la cartographie lunaire, peut être même une mini colonie lunaire bien plus tard. Je rejette un argument aveugle de dire qu’on laissera les autres dépenser l’argent et faire le travail pour nous; la réalité c’est que rien n’est gratuit dans ce monde : les américains, chinois et russes garderont leur technologie pour eux. Sans risque il n’y a pas de profit. La France de De Gaulle a pris des risques, elle a développé Concorde, TGV, Ariane, Airbus et ceci a payé pendant des décennies.

 

Initialement la prise de risque financier est assez limité et tout à fait dans les capacités financiers d’Europe : il s’agirait principalement des missions robotisées de l’exploration lunaire (ou d’autre astres : astéroïdes, mars), analyse géologique. Dans la deuxième étape (si les missions lunaires/autres s’avèrent intéressants) ceci concernerait le développement du vol habité et séjour prolongé dans l’espace (écosystèmes) et enfin si nous arriverons à trouver en futur un intérêt économique, l’étape ultime et le plus cher consiste de se doter les moyens pour exploiter des ressources sur la lune (ou d’autre astre) et les transporter sur la Terre.

 

En terme des zones d’intérêt futurs à protéger ceci concerne particulièrement des ressources rares, chères et en risque de monopole d’une puissance étrangère: par exemple Hélium, He3, qui pourrait être utilisé comme un carburant dans les centrales de la fusion nucléaire.