Europe

Quel concept pour l’Europe dans la crise ?

Europe proposé aux européens actuellement est très incohérente. On peut même parler de plusieurs « Europes » proposés et superposés en parallèle. D’un part il y a plusieurs organismes, qui coexistent sur les territoires légèrement différents. D’autre part mentalement les « européens » couvrent des territoires, espaces ou communautés légèrement différentes. J’en ai déjà parlé de l’Europe, et je suis de plus en plus inquiet.

Pour moi globalement, l’Europe c’est tout ce qui est en bleu et en vert. Donc on y trouve des pays qui sont les membres de l’UE, les candidats, ou les pays culturellement européens, qui n’ont pas eu la possibilité politique ou envie de rejoindre l’UE.

Le reste ce sont des pays, empires, cultures voisins, à considérer comme étrangers, non-européens, qui ne s’accommodent pas dans une définition du mot « Europe ». Elles ne seront pas discutées dans cet article.

Dans cet article je ne vais pas traiter des divisions intra-européennes au niveau géographique, uniquement des divisions idéologiques transverses (existant dans tous les pays européens à priori). Et voici donc mon analyse des quelques « Europes » transverses que je remarque dernièrement …

Europe idéaliste, progressiste mais aussi du totalitarisme collectif et individuel

C’est l’Europe incarné par les Indignés, par les « Nuit debout » ou d’autres mouvements de ce genre, qui se décrivent comme progressistes. Elle est très idéaliste dans le sens d’aller jusqu’à extrême d’interprétation de certains concepts.

Cette Europe se construit donnant l’ouverture inconditionnelle et la liberté sans contrainte politique ou citoyenne. Du coup elle exige de partager équitablement avec quiconque les biens des autres, à l’instar des mouvements semblables par le passée : des communistes.

Par exemple, elle propose la semaine de travail de 32 heures (affiches collés à Paris), et elle accueillerait des migrants sans exception. Pour plus de démocratie, elle verrait de bonne œil l’attribution des droits de vote aux quelconques occupants d’un territoire, sans considération de leur nationalité (à l’instar d’une proposition socialiste d’il y a certain temps donnant le droit de vote locale à tous les possesseurs d’une carte de séjour, dont les non européens).

Menée principalement par les jeunes étudiants (issus de tous les niveaux sociaux, aussi bien pauvres que aisées) elle s’inscrit bien dans le cliché des mouvements de la gauche de l’époque de la révolution française, en passant par les communards, les communistes, les maoïstes ou d’autres, avec tous les risques de retomber dans leurs excès de radicalisme, menant au totalitarisme du collectif sur les individus, voire même au culte de personnalité.

Seule chose que cette Europe idéaliste ne fait pas dans son vision idyllique de la Liberté, Égalité et Fraternité : elle n’explique pas comment elle veut satisfaire ses revendications : i.e. Qui et comment financerait la vie des migrants non européens en Europe ? Avec d’autre exemple des « 32 heures » : comment trouver une équilibre entre les lois des employés et ceux d’employeur, surtout s’il prend le risque financier ? Personnellement je trouve que « les 35 heures » fonctionnent, mais principalement, car c’est une situation donnant-donnant : les employés plus reposés, et avec la liberté de prendre une certaine partie des congés travaillent d’une manière plus efficace. Est-ce que si on pousse le système plus loin ceci permet un véritable gain pour tous ou ceci crée un déséquilibre rendant l’affaire non rentable et trop risqué pour les employeurs ? il faudrait un recherche scientifique pour donner un peu de substance à cette revendication.

Le mouvement est mis en face de ses propres contradictions : A juste titre, il dénonce les inégalités entre les hommes et femmes, mais d’autre coté beaucoup de ses partisans réclament la discrimination positive ou des quotas (vieille question : comment ceci est conciliable avec le principe d’une démocratie ?), ce qui revient à la discrimination de quelqu’un … comme le mot l’indique. Est-ce que du coup la liberté et égalité idéale est intellectuellement juste par rapport à la mérite ?

Une autre contradiction : la plupart de ces bonnes âmes qui protestent aujourd’hui étaient ailleurs (à Paris, dans les pubs du 11eme) quand la population de la Grèce s’était déchirée par la politique incohérente des acteurs économiques nationaux, européens et mondiaux. D’ailleurs ils n’ont aucune revendication visible, transpirant dans les médias, concernant l’assainissement de la situation en Grèce, ce qui serait alternative à l’austérité imposé par l’Allemagne. Ils ont regardé ailleurs, pendant que l’Ukraine se faisait envahir par la Russie en toute violation du droit international et encore avant, quand son gouvernement précèdent tirait sur le peuple ou torturait ses citoyens d’opposition. Et on n’a pas vu leurs action décisive contre la directive « secret d’affaires » non plus … ni même dans les annonces transpirant dans les médias.

Par ailleurs, ils réclament la paix à tout prix, donc aussi bien qu’ils vont regretter la dictature en Russie ou ailleurs, ils vont surtout demander de ne rien faire par rapport à ses agissements agressifs, pour ne pas la provoquer.

Dans la forme très extrême ces mouvements réclament un système solipsiste sans engagement, sans attaches, avec l’espace inviolable de la liberté personnelle, tout en même temps prônant le partage de tout avec tout le monde, en rejetant quelconque mérite, dans l’esprit de l’égalité des hommes. Dans cette vision contradictoire, ils s’approchent des ultralibéraux avec le caractère atomisé et individualisation et des xénophobes/racistes avec l’isolement institutionnalisé allant jusqu’au niveau individuel (i.e. tout acte d’intéressement à une autre personne peut être potentiellement perçu comme une agression, action négative du mépris). Les limites du démarche ne sont pas posés par ce mouvement.

Ce qui est clair, c’est qu’en forme trop radicale ces mouvements ne construisent pas d’Europe, elles peuvent plus tôt mener à l’anarchie. En forme équilibré, ils peuvent effectivement inciter à équilibrer le système européen, la distribution des biens et du pouvoir.

Europe conservatrice, communautariste mais aussi xénophobe et raciste

Celle-ci veut au contraire fermer tous les frontières et se replier sur elle-même. Elle voit le salut des sociétés traditionnelles, existantes dans la sanctuarisation, isolement, et dans le cas extrêmes dans « épuration » de la société isolé. En version soft on parle d’Europe des Nations, en version hard on parle de la « grande Allemagne », « l’état français » ou l’envie de repousser des étrangers dans la mer.

Elle se localise en spectre large entre les rentiers, propriétaires immobiliers, petits employeurs, grands employeurs, les familles possédant le patrimoine accumulé en plusieurs générations, qui ne souhaitent pas de partager leur patrimoine avec les étrangers ou « d’autres ». Elle peut être attachée au sentiment de la supériorité par rapport à d’autres classes sociales ou groupes ethniques. Et le système est renforcé par tout le système d’éducation, des grandes écoles, de système sensu stricte féodal. Son excès mène au totalitarisme d’individus-propriétaires sur la communauté (à l’instar de l’ancien régime, de l’Europe industrialisé de XIXème siècle) ne permettant pas l’émancipation d’autres membres de la communauté et menant à la séparation dans les classes sociales imperméables.

Ces gens ont une vision très politique d’Europe, qui sert comme un moyen pour leur but ultime : préservation de leur patrimoine. Traditionnellement, ils ne prennent aucun risque et diminuent les positions qui mènent à la prise de risque. Mis contre le mur, ils vont réagir violemment.

Europe conservatrice se reconnait dans la même classe politique au pouvoir en Russie ou des conservateurs américains, bien qu’elle soit en concurrence avec eux. Du coup elle coopère ouvertement avec le pouvoir poutinien, assadien, saoudien ou d’autres de ce genre (la droite de la droite : Mariani, FN, Sarkozy, Fillon …)

Comme « la gauche progressiste », cette classe de la société est en train de grandir en Europe, sur la base de radicalisation générale.

Le concept du conservatisme en soi n’est pas complétement mauvais: l’envie de perpétuer des traditions est bien fondé, car les traditions c’est une maniérè de construire la civilisation plus profonde qu’une simple société de savoir. En principe, ceci permets de perpétuer des valeurs morales transmises par la tradition. Comme toujours, le problème apparait, quand il y a un excès du conservatisme.

Europe ploutocrate et corporationniste

Europe ploutocrate est celle qui tient le pouvoir encore maintenant. C’est l’Europe des bobos, des bullshit-jobs, du burn-out au travail et d’autres néologismes, issus des corporations et organismes avec la sur-croissance bureaucratique.

Elle est le résultat d’un ensemble des compromis faite par « les pères créateurs » d’Europe institutionnalisé. Elle prône ce qui est « politiquement correcte », « de ce qui est raisonnable et bon pour vous », du « mainstream ». Du coup elle adopte tout un langage, qui essaye de satisfaire d’une manière négative l’ensemble de la société (le moindre dénominateur commun). Elle aime d’utiliser le ton paternaliste et moralisateur, tout en faisant plein des choses éloignés de leurs leçons du morale. Dans la politique intérieure « l’Europe ploutocrate » prend des électeurs pour des abroutis avec des lois comme la reforme de code de travail d’el Khomri ou la loi Macron, en expliquant pour la population que « c’est pour leur bien » et « qu’ils n’ont pas compris », tout en s’apprêtant à passer la reforme par la force avec le recours à « 49-3 »

C’est cette Europe présente dans le parlement européen, où se retrouvent les « rejetons » politiques nationaux, des personnages bannis de la scène politique de leurs pays respectifs pour des raisons différents. Cette situation est le résultat de construction même de l’Europe institutionnelle, où « faire l’Europe » est avant tout une « punition » pour un politicien européen, et pas un objectif en soi.Les électeurs sont fautifs aussi, en votant massivement des partis extrémistes dans les élections européens, en tant que vote de non-confiance au gouvernement national.

Ceci va en conjonction avec la culture de recherche d’un compromis négatif (dilution du sens des mesures prises, occupation du parlement européen et des institutions européens par des sujets de détail du genre « courbe de concombre » ou « pasteurisation du lait » au lieu des sujets stratégiques et importants, telles que la politique européenne d’énergie, le crise économique sud-européen, l’instabilité des pays d’orient ou les agissements agressifs de la Russie) et « last but not least » l’abus d’utilisation de principe d’unanimité dans les institutions européennes, rendant toute cette structure peu robuste, peu claire pour un citoyen européen lambda et in fine, peu importante, voire même, agaçante lorsqu’elle s’implique dans les détails de vie d’un européen (i.e. : est ce qu’il pasteurise son lait ou pas).

Par ailleurs le niveau de sensibilité citoyenne aux institutions européennes le montre : pour quelconque citoyen, les élections européennes ont un poids largement moindre que ceux de leur pays ou de leur commune.

Cette Europe ploutocrate est croisée avec le « néo-libéralisme » (ici compris comme la « défense de la liberté d’affaires des corporations » et d’autres « personnes morales »), le pseudo-socialisme du « troisième voie », prônant la recherche « du compromis », le sacré mot, qui a devenu le gros mot, indiquant la recherche de la moindre dénominateur commun entre deux positions différentes. Parfois ça marche, souvent ceci mène à dénaturer une bonne mesure, que ce soit pour les employeurs, pour les employés, pour les humanistes, pour les traditionalistes, les propriétaires, le prolétariat, ou d’autres. Un exemple peut être le DIF (droit individuel de formation) modifié par les élus en Compte de Formation Personnel, qui est devenu en occasion complètement obscure et inutilisable. Mais ceci concerne tant d’autres exemples, telles que le PTZ (Prêt à taux zéro) qui étaient « gommés » par des reformes successives.

Europe ploutocrate ne fait pas émerger « une conscience européenne » non plus. Elle ne fait rien qui rendrait des européens être fiers d’être les européens : aujourd’hui c’est une dénaturation d’une bonne intention, qui est en train d’être entouré par une sur-croissance de la graisse administrative, bureaucratique, du langage de bois inutile, avec tant des experts sur les postes à des libelles « importants » et qui, in fine, ne servent à rien, produisent des rapports lus par personne et doivent être payés par les contribuables.

Europe ploutocrate fait tout pour éviter la prise des risques, même quand ils sont nécessaires, que ce soit dans la politique industrielle, économique ou stratégique ; d’où ils tolèrent que les « grands pays » explosent leurs déficits budgétaires, que l’Allemagne rends Europe dépendante de gaz russe avec le « nord stream », ou défendent les intérêts des grands corporations multinationaux au détriment des droits citoyennes (la directive sur le « secret d’affaires »), au détriment des « petits pays » (gestion de la crise grecque en « rouleau compresseur », des troïkas en mode de diktat).

Elle est même incohérente en négociant l’association de l’Ukraine avec l’UE, en la sermonnant sur le respect des règles et après menant la politique « d’autruche » par rapport à la Russie, ainsi n’assumant pas la conséquence des décisions prises (identiquement, comme dans le cas de la crise grecque : la Grèce était admise dans le système d’Euro par les états membres en pleine conscience du situation et potentiel de ce pays).

Elle aurait complétement failli de gérer la crise des printemps arabes où la guerre civile syrienne, maintenant elle n’arrive pas à gérer la crise des migrants.

Et ici il faut tailler dans le vif dans le cas de dysfonctionnement evident: dans le cas extrême il vaut mieux faire un « reset » complet de la bureaucratie concerné, et des systèmes administratifs ou organisationnels en cassant en occasion des anciennes avantages indues.

Pour le citoyen lambda, c’est quoi Europe d’aujourd’hui ?

C’est une entité éphémère, une « Europe outillage » : d’un côté des mesures utiles, fonctionnelles telles que Schengen, SEPA, système ICTS pour les études, programme Erasmus, la Politique Commune Agricole, d’autre coté « le compromis » et « l’unanimité » menant à l’incapacité de réaction aux évènements internes et externes.

L’Europe est très fragile ; avec une bonne dose de manipulation elle peut imploser sur elle-même. C’est exactement ce qu’on voit sur le cas de la propagande du défaitisme, xénophobie et même antisémitisme menée actuellement par la Russie, ou encore le prosélytisme de fondamentalisme par les groupuscules terroristes vis-à-vis des citoyens européens de la confession musulmane qui renforcent les rangs d’Etat Islamique et commettent les actes de terrorisme en Europe.

Il y a trop des lobbyistes, « des experts » ou d’autres parasites sans mérite qui ont finis l’ENA ou d’autre grande école d’administration équivalente, donc de rien. Le problème est évidemment le même au niveau national en France.

Aujourd’hui, l’Europe, c’est une entité sans importance pour le citoyen lambda, qui ne se sent pas concerné ni par son bien-être, ni par celle des autres Européens (par exemple, la plupart des Français a assez peu d’empathie pour les Grecques et les Allemands sont même hostiles, … comme inversement les Grecques pour des Allemands).

De toute façon, tous les phénomènes négatifs vus au niveau européen ont leur équivalent au niveau national français, qui précédait la création de l’UE : la faute pour ces phénomènes est donc générale, et contrairement à ce que disent des conservateurs et xénophobes, la disparition de l’Europe ne sera pas la solution des problèmes de la France (ou d’autres pays européens).

Question des migrants en Europe

Cette question me parait passagère, voire même pas directement liée avec la faiblesse d’Europe. C’est plus un symptôme que la raison (bien que la gestion des printemps arabes y est pour quelque chose). La question qui peut se poser : est-ce que l’Europe doit recevoir des migrants ? La question est appliquée plus particulièrement aux malheureux Syriens, qui ont devenu le symbole non voulu des migrants, mais elle concerne tous les autres non-européens.

La question des « migrants » n’a pas commencé avec les Syriens, elle dure depuis bien plus longtemps entre Melilla et Lampedusa ou d’autres iles, ou les migrants tentent de rejoindre les frontières de l’UE pour des raisons économiques principalement. Le cas des Syriens en particulier est diffèrent.

La question est liée à des fameuses « valeurs européennes » et à la cohérence de l’Europe. Elle peut être aussi liée à la question de mérite. Les gens s’échappent de la guerre ravageant leur état sont par définition légitimes pour demander l’aide ailleurs. Dans l’ensemble sur le cas des « vrais » Syriens, la discussion ne devrait même pas avoir lieu : ils ont clairement besoin d’aide. Par ailleurs ils ne sont ni la majorité, ni en nombre si importants, comme le craignent les opposants de la migration des Syriens.

Par contre, le gros de la grande vague de migration est constitué par les citoyens d’autres pays, comme Pakistan, Égypte, Afghanistan, pays africaines, etc., venant pour des raisons économiques ou sociales et ce sont ceux-ci qui font objet principal de la controverse.

Mais en tournant le sujet dans d’autre direction on peut voir une autre manière de traiter ce sujet : les Ukrainiens qui peuvent vouloir s’échapper de leur pays actuellement attaqué par la Russie n’ont pas autant de possibilités qu’un « sans papier » qui a déchiré son passeport ; ils doivent faire leur visa et carte de séjour en due forme, sans quelconque accompagnement. De nouveaux, l’Europe n’est pas cohérente en traitant les Ukrainiens moins bien que les Syriens.

D’autre coté, la majorité de la vague de migration (non syriens) est constitué des gens avec la mentalité de ces braves garçons du place Tahrir à Caire (connus pour des tentatives de viol collectif sur les journalistes occidentales), et ne partagent pas vraiment des « valeurs européennes ». L’expérience montre, qu’ils ne peuvent pas être « convertis », « assimilés » à ces valeurs, car ceux-ci sont contraires à leurs valeurs. Du coup, leur venue et installation constitue une menace pour l’ordre publique en Europe et des nouveaux problèmes sociaux à gérer (entre « les assassinats de l’honneur », la formation des ghettos de type « Molenbeek » et les exigences de respecter la Sharia islamique). Par ailleurs, une autre confirmation : des systèmes démocratiques ne se forment pas dans les pays d’origine des migrants, du coup, dans leur majorité statistique, ils ne risquent pas de perpétuer des valeurs démocratiques, qui ne sont pas naturelles pour eux.

Du coup, que faire avec des « migrants » ? Déjà il faudrait arriver à différencier entre les « syriens » et les vrais Syriens. Respecter de droit d’asile politique / statut de réfugiée aux vrais ressortissants syriens. Ne pas octroyer le droit de séjour aux migrants économiques sous des conditions différents des autres migrants (pourquoi la différence de traitement des « sans-papiers » entre les Afghanes et par exemple les Ukrainiens au détriment de ces derniers ?) et surtout contrôler le flux de migration en mettant en place un véritable dispositif efficace uniquement consacré à cette problématique. Son but principal devrait être avant tout la défense d’intérêt de citoyen européen (donc de l’ordre public), et pas celui des citoyens d’autres pays. Leurs droits universels de l’homme doivent être néanmoins protèges et respectés dans ce cadre, mais ils ne jouissent aucun droit de citoyen de l’UE (notamment le droit d’habiter en UE ou profiter des services étatiques payés par le contribuable européen, s’ils ne possèdent pas un titre de séjour). En conséquence : la déportation quasi automatique de tous les migrants illégaux économiques identifiés comme tels, et ne pouvant pas prétendre au statut de réfugiée, ni ne présentant pas les preuves de la bonne intégration dans la société européenne (exemple: enfants non scolarisés, incapacité de communication dans le langue du pays de séjour, etc.)

D’autre coté, les règles de migration devraient être claires et associées à un jeu des exigences permettant à n’importe qui sur la planète de postuler aux consulats des pays de l’UE pour un droit de séjour, y inclus avec le motif économique (i.e. si un Égyptien dépose un dossier bien motivé, montrant sa volonté de contribuer positivement à la société européenne, cette demande devrait donner lieu à un permis de séjour ; il faut sortir de la situation où une personne est l’objet d’une procédure administrative et pas une partie prise d’une procédure. Ceci est actuellement le cas dans « la procédure de régularisation » française, où les partis de la procédure c’est l’état français avec une société qui veut employer un étranger. L’étranger lui-même fait l’objet de la procédure mais n’a aucun mot à dire).

Une politique d’assimilation devrait exister afin d’éliminer les comportements inacceptables dans la société européenne.

Ce qui foudait faire avec l’Europe

Tout le monde devrait faire des efforts, si on veut réellement construire une Europe supranationale et qui défends les intérêts de tous les citoyens et leurs pays, tout en respectant ces pays et leurs identités. Il faut passer d’une « Europe outillage » à une « Europe utile » avec laquelle les européens peuvent s’identifier. Si non, le processus ne va pas réussir et on va aller dans le mur, le rejet de concept et la monté des extrémismes fascistes ou communistes ou fondamentalistes.

Divisés, on sera croqué à petit feu par différentes sources des menaces extérieures (la Russie, en moindre mesure, la manipulation par les USA ou d’autres grandes puissances) et intérieures (communautarisme, fondamentalisme islamiste, corporationnisme – le pouvoir réel détenu par des sociétés multinationales ou encore par une dictature en propre, construite par ploutocratie ou une ploutocratie mélangé avec le fascisme ou communisme)

Comment faire ? Il faut trouver un compromis positif.

Les conservateurs ou xénophobes doivent accepter les profits, qui sont données par l’espace européenne d’échange et doivent accepter aussi d’y contribuer, sinon on leur prendra par la force, ce qui serait perçu comme une avantage non-mérité. Il faut néanmoins donner les moyens de la protection de la culture, tradition et identité aux communautés, ethnies européennes, tout en travaillant sur l’assimilation des migrants venus d’ailleurs au monde dans le souci de la cohérence européenne (protection de leur patrimoine historique et culturelle demeure la responsabilité de leur pays d’origine ou d’eux-mêmes, pas celle d’Europe ou des européens).

Les « nuit debout » ou d’autre gauche ne doivent pas oublier la réalité du monde, i.e. pas tout le monde veut être aidé, et il ne faut pas tuer la méritocratie par l’excès de l’égalité mal implémenté, car sinon on ne pourra pas continuer à se développer – le phénomène est connu de l’expérience de tous les pays communistes. Il faut trouver un tel équilibre dans les revendications sociales, qui permettrait aux entrepreneurs d’en tirer quelconque profit, sinon ils n’ont aucun intérêt d’être entrepreneurs.

Les bobos politiquement corrects doivent arrêter l’apologie d’apparence et s’attaquer au fond (ou sinon garder la silence), et notamment à la contradiction entre l’apparence et la réalité (l’Europe qui martelé de ses valeurs et ne les applique pas sur le cas d’Ukraine, mais aussi celui de la Grèce et plein d’autres), ils doivent aussi arrêter de défendre la seule vision « juste » du monde (celle à eux), soutenue sur la construction par des apparences, mais reposer leurs propositions sur les faits ; exemple ? arrêter de dire que le loi El Khomri ne mènera pas à la facilitation des licenciements, mais le dire clairement, ouvertement ; s’ils ont des arguments pour expliquer comment ce loi va profiter aux citoyens, qu’ils le disent, mais il n’y a rien de ce genre. La même chose concerne la loi « secret d’affaires », qui semble défendre surtout des grands multinationaux dans leur consolidation de pouvoir, par un contrôle accru sur l’information.

Enfin, l’Europe doit s’occuper des sujets importants (l’énergie, politique étrangère, politique économique) avec une légitimité donné par des élections publiques et avec les moyens du pouvoir mutualisés (ministère des affaires étrangers commune et unique, un tronc de l’armée commune, moyens de projection de la force communes, telles que l’arsenal nucléaire, le budget européen obligatoire) et axé sur la suprématie de l’intérêt européen et ses citoyens sur l’intérêt mondial (comme le font tous les autres grandes puissances mondiales, les USA y inclus). Il faut diminuer les interventions dans les affaires locales (telles que type de fromage bon pour la santé publique), ce qui risque de piétiner des traditions locales et écosystème locale. Dans la vie démocratique, il faut bannir la règle de l’unanimité présente encore dans le système européen et donner une représentativité équilibré à tous les états de l’union.

Quel est le réalisme de la vision ci-dessus ? Aujourd’hui il semble faible, avec la monté des populismes un peu partout et la radicalisation des sociétés civiles d’Europe. Mais il est vraisemblable, qu’une crise est nécessaire avant de reformer/reconstruire la construction européenne d’une manière différente et passer à une étape d’intégration européenne diffèrent et assaini de ses défauts actuels.

Pour un succès de ce type d’initiative il faudra une forte implication de la France, qui possède une légitimité de mener ce type de reconstruction (c’est un grand pays – une grande espace économique, avec une grande tradition diplomatique, de la légitimité culturelle européenne et d’une armée moderne équipé des armes nucléaires) … ce qui manque ce sont des personnes physiques, leadeurs, capables de le faire et de regarder l’Europe avec l’œil européen, lucide, pas un œil français, capable de la synthèse des contradictions et déchirures européens et de la conviction des différents partenaires, issus des mentalités différentes, ainsi que des peuples européens. Une tâche difficile, mais est ce qu’il est impossible ? Je n’en pense pas : Napoléon ou Churchill l’ont presque réussi.

Nota : l’hégémone européen actuel, L’Allemagne, ne pourra pas assurer cette rôle, car elle n’a pas de légitimité historique et morale ni en Europe du sud, ni en Europe de l’Est (on ne leur fait pas de confiance), elle ne possède pas de l’armée à la hauteur. La Grande Bretagne se retrouve dans une situation semblable (notamment la France ne fera pas de confiance à la Grande Bretagne), et les autres pays n’ont pas assez de potentiel économique et militaire.